La blockchain : explications, fonctionnement et cas d’usage

Au détour d’une conversation, vient souvent cette question « la Blockchain, c’est quoi ? ». Difficile en effet de donner une définition à cette technologie complexe. Pourtant la Blockchain est d’une importance capitale pour les entreprises, et non seulement dans le secteur de la finance pour laquelle elle a été créée. En effet, depuis l’invention de la Blockchain, ses applications se sont multipliées. Aujourd’hui les cas d’usages sont très variés (automatisation, certification, traçabilité…), et la blockchain devient incontournable pour de nombreux secteurs. Si bien que, selon la Banque Européenne d’investissement et la Commission européenne, il faudrait que les États membres de l’Union investissent 10 milliards d’euros par an dans cette technologie et dans l’intelligence artificielle afin de rester à la hauteur des Etats-Unis et de la Chine. Au cours de cet article, vous comprendrez enfin comment cette histoire de chaînes de blocs peut se montrer pertinente.

Il faudra d’abord débuter par la définition de la blockchain, avant d’en comprendre le fonctionnement et les caractéristiques. Nous nous arrêterons ensuite sur ses avantages et dans quels secteurs elle a dès à présent toute sa place. Vous en saurez plus sur ses bénéfices dans les domaines de l’assurance,  l’agroalimentaire, le textile et l’économie circulaire.

 

Blockchain : définition

La Blockchain est un registre de données considéré infalsifiable et transparent, qui n’est géré par aucun organe de contrôle.

Dans son rapport publié en décembre 2018, la mission d’information commune de l’Assemblée nationale sur les usages des chaînes de blocs et autres technologies de certification de registre donne la définition suivante de la blockchain :

« Une blockchain est un registre, une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont également tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie. »

 

Ce système décentralisé entraîne ainsi la confiance mutuelle basée sur une participation active d’un nombre suffisant d’acteurs, lesquels garantissent l’absence de collusion.

Cela va donc à rebours du système classique qui consiste à transmettre une information de façon linéaire, d’un point A à un point B, plus ou moins rapidement selon le moyen de transmission. Avec la Blockchain, l’information est enregistrée immédiatement dans un registre partagé, à plusieurs endroits en même temps.

Pour des consommateurs, la Blockchain est un gage de traçabilité. Grâce à elle, il devient possible de connaître toutes les informations d’un bien de consommation, de ses matières premières jusqu’à ses conditions de fabrication et de transport, via une Web App. Cette Web App affiche les informations du parcours produit enregistrées sur une plateforme qui repose, elle, sur la Blockchain.

 

Blockchain : origine

La première Blockchain est apparue en 2008 pour sécuriser les transactions de la Bitcoin, première cryptomonnaie, créée par « Satoshi Nakamoto », personnes ou personnes dont l’identité n’est toujours pas connue. Satoshi a alors donné naissance à ce qui est devenue une vraie monnaie virtuelle, acceptée aujourd’hui comme moyen de paiement par plusieurs entreprises.

Certains chercheurs en cryptographie affirment que la blockchain avait déjà émergé dans les années 90, dans la rubrique « annonces et objets trouvés » du New York Times où la société Surety publiait chaque semaine un certificat cryptographique de sa base de données.

 

Blockchain publique et blockchain privée

On parle de Blockchain publique ou privée en fonction de l’accès aux copies des informations enregistrées. Une Blockchain publique n’appartient à personne ; c’est le cas de celle qui est derrière la monnaie Bitcoin. Sur une blockchain publique, n’importe qui peut avoir une copie (hébergée sur un nœud) chez soi, ce qui fait qu’il y a énormément de copies du registre, parfois cryptées. Sur une Blockchain privée, le registre est toujours partagé, mais les nœuds se trouvent uniquement chez les parties prenantes, ce qui la rend moins consommatrice d’énergie, mais également moins sécurisée car il y a moins de vérifications du fait du nombre réduit de participants.

 

Blockchain : fonctionnement / caractéristiques

 

Une Blockchain peut être considérée comme une base de données notariée, dans laquelle se trouvent l’ensemble des échanges qui ont eu lieu depuis qu’elle existe soit directement soit sous forme de hash (empreinte numérique de la transaction). De cette façon, elle enregistre chaque mouvement, chaque transaction ou événement, et c’est ce qui génère la traçabilité. Pour cela :

 

  • Chaque partie prenante est identifiée, par un pseudonyme ou par un identifiant. Dans ce dernier cas, remonter à l’entité ou la personne peut être complexe, voire impossible.
  • Chaque transaction ou information est envoyée dans un réseau d’ordinateurs dispersés à travers le monde.
  • Un historique de toutes les transactions est accessible à tous les acteurs de la Blockchain en question qui ont choisi d’héberger un nœud de cette blockchain chez eux.
  • Un consensus de tous les nœuds permet la sécurisation du système à chaque ajout d’informations : les données arrivent signées et sont alors authentifiées. Chaque transaction est enregistrée dans un bloc de données. Lorsqu’un bloc est ‘rempli’, un nouveau est créé, et il est directement relié au précédent par son hash (empreinte numérique). Ensuite, une copie se crée automatiquement et immédiatement dans tout le réseau de manière permanente. C’est ce qui rend les informations encryptées sur la Blockchain inaltérables, presque impossibles à modifier. 

 

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Blockchain : les avantages

Dans tous les secteurs, l’utilisation de la Blockchain comporte de nombreux avantages à la fois techniques et de sécurité, parmi lesquels :

  • La rapidité des transactions : même si les informations circulent entre différents nœuds interconnectés, la Blockchain est malgré tout très rapide.
  • La sécurité de la transaction ou des informations transmises. Étant donné qu’un nombre considérable de nœuds traitent la même information, et se contrôlent réciproquement, les risques de falsification ou de pénétration malveillante dans la transmission des données sont énormément diminués.
  • Une baisse des coûts et un gain de temps : la traçabilité générée par la technologie Blockchain peut permettre de se passer de certaines certifications classiques, de même que d’engager des frais dans le contrôle par le recours à des intermédiaires. En effet, il est possible de combiner IoT, intelligence artificielle et Blockchain pour automatiser la certification.
  • Un élément déterminant de digitalisation de l’entreprise qui lui ouvre d’autres portes technologiques, dont l’intelligence artificielle, pour plus de performances et de résistance face à la concurrence.

 

Blockchain : dans quel secteur l’utiliser

En dehors du Bitcoin et d’autres transactions financières, la caractéristique décentralisée de la Blockchain, qui s’ajoute à sa sécurité et à sa transparence, est à l’origine d’un nombre croissant de cas d’usage dans des secteurs variés.

 

Assurance

 Le secteur de l’assurance est plus que jamais soumis à de nombreux enjeux qui l’obligent à se réinventer pour être plus réactif. Les catastrophes naturelles qui se multiplient demandent notamment réparation rapidement. Certains assureurs ont commencé à se servir des outils comme la Blockchain pour innover et répondre plus rapidement aux besoins de leurs clients.

Ceux-ci lui permettent de :

 

  • Lutter contre la fraude

En 2018, les cas de fraude à l’assurance de personnes détectés en France ont représenté 68 millions d’euros, selon l’Agence de Lutte Contre la Fraude à l’Assurance (ALFA). Ces chiffres invitent le secteur à toujours plus de prudence vis-à-vis de leurs clients. En cela la technologie Blockchain leur permet de détecter plus facilement l’identité et les coordonnées de leurs clients, à l’aide notamment de leurs justificatifs de domicile. Pour cela les informations transitent entre les différents acteurs que sont les banques, les fournisseurs d’énergie ou les prestataires sociaux.

  •  Digitaliser certaines tâches, pour gagner du temps

Le Smart Contract donne aux assureurs et assurés la possibilité d’automatiser complètement les procédures lors d’un sinistre ou d’une réclamation. De la même manière, grâce à la Blockchain, il devient possible d’accélérer le paiement des indemnités. Ainsi, au lieu d’attendre plusieurs semaines ou plusieurs mois pour être remboursés, les clients le seront de manière instantanée ou presque.

 

Smart contracts : Les « Smart Contracts » sont des contrats ‘automatiques’ qui s’appuient sur la technologie Blockchain pour rendre infalsifiables leurs termes et  conditions.

 

  •  Améliorer la relation client

La Blockchain est un véritable outil de relation client. Puisqu’il permet de raccourcir les délais et d’offrir des prestations à la fois plus rapides et plus précises, il donne une meilleure satisfaction. Cela est d’autant plus important que les assurances ne sont pas au sommet dans ce domaine. Selon le baromètre 2019 Cultures Services, 56 % des assurés ont une satisfaction globale vis-à-vis du secteur, contre 70 % pour le e-commerce.

 

Agroalimentaire

Le secteur de l’agroalimentaire fait face depuis plusieurs années à un changement de paradigme. Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la provenance des produits qu’ils achètent et n’hésitent pas pour cela à utiliser des applications telles que Yuka (21 millions d’utilisateurs dans le monde), Scan’Up ou Y a quoi dedans. Ils veulent avant tout savoir si le produit est bon pour la santé et s’il n’a pas été produit à des centaines, voire des milliers de kilomètres. En cela, la “Blockchain Technology” (technologie blockchain) représente pour les industriels une porte ouverte vers une meilleure information de leurs partenaires, prestataires et clients et par conséquent, plus de confiance.

La Blockchain en agroalimentaire permet donc de répondre aux enjeux de transparence. Et cela, tout en assurant la confiance des utilisateurs par la sécurisation de cette base de données Blockchain décentralisée.

Chez les industriels du secteur, les efforts sont déjà présents. Et partout dans le monde, il existe des initiatives qui se basent sur la Blockchain pour rendre les produits traçables et offrir aux consommateurs une expérience client améliorée.

 

              Lire aussi : Produits alimentaires : comment la traçabilité est devenue un argument marketing.

 

Par exemple :

  • En 2020, Raynal et Roquelaure, du Groupe Cofigeo, a lancé 6 nouveaux produits avec traçabilité Blockchain. Les consommateurs scannent un QR code sur l’emballage, rentrent la date de durabilité minimale, et accèdent ainsi, via une WebApp, à des informations sur la chaîne d’approvisionnement et de production. Ils savent par exemple d’où viennent les lentilles et qui les a cultivées.

  • Europe des Pains a travaillé avec Alliance Bio en amont et Franprix en aval pour proposer une restitution du parcours produit aux consommateurs, disponible pour 5 pains Franprix. Ainsi les consommateurs savent d’où vient la farine de leur pain, et d’où vient le blé qui a été moulu pour faire la farine. Les certificats d’agriculture bio sont également disponibles pour consultation dans l’application.

La Blockchain permet d’enregistrer toutes les étapes de cycle de vie d’un produit impliqué dans le processus de supply chain agricole. Cela donne au consommateur final la possibilité d’avoir accès à une histoire fiable du parcours des aliments qui se retrouvent dans son assiette. Le gain de confiance peut alors être énorme et enclencher des améliorations sur l’ensemble de la chaîne de production.

D’un simple scan sur l’emballage d’une boîte de lentilles Raynal et Roquelaure depuis un smartphone, les consommateurs recevront des informations fiables et infalsifiables sur sa chaîne d’approvisionnement et de production. Ils pourront ainsi tout savoir sur les légumineuses utilisées dans la recette.

 

Industrie textile, mode et luxe : blockchain et RSE

Pendant des dizaines d’années, la mode quasi jetable avait pignon sur rue. Mais depuis le drame du Rana Plaza en 2013 au Bangladesh (l’effondrement d’une usine textile où ont péri plus de 1000 personnes), les mentalités ont évolué. De plus en plus, les consommateurs cherchent à savoir où et comment ont été fabriqués les vêtements qu’ils achètent, en somme ils demandent de la transparence, qui passe par la traçabilité. En effet, le temps où l’on faisait une confiance aveugle aux marques est révolu : les consommateurs d’aujourd’hui réclament des preuves. Selon une étude de la chaire IFM-Première Vision à l’automne 2020, 64 % des Européens envisagent d’acheter de la mode responsable. C’est en Italie que cette envie est la plus forte, avec 76,2 %. Ces « pro-sustainable » sont aussi plus nombreux chez les 18-34 ans.

De nouvelles certifications (GOTS, Oeko-tex) sont aussi apparues sur les textiles pour prouver qu’ils ont été confectionnés dans de bonnes conditions. Si bien que dans ce domaine, la Blockchain a toute sa place.

Car les consommateurs ne veulent pas seulement savoir où ont été fabriqué leurs vêtements, si c’est en Chine, au Bangladesh ou au Portugal. Ce qu’ils veulent savoir en plus c’est :

  • si le fabricant traite bien ses employés et s’il ne sous-traite pas à des entreprises qui ne respectent pas les droits des salariés
  • quel est le bilan carbone du vêtement en question
  • combien de litres d’eau il a fallu utiliser pour fabriquer un jean
  • s’il ne contient pas de matière toxique (teinture, traitement)

Le textile a un atout à jouer avec la Blockchain pour reprendre la maîtrise de ses conditions de production. Ainsi, de toutes ses matières premières à la réalisation et au transport de ses vêtements et accessoires, le secteur doit être capable, avec la Blockchain, de certifier chaque étape, de la source jusqu’au produit final. Plus encore qu’une certification, la Blockchain est capable d’inscrire tous les détails du parcours produit, sans falsification.

 

L’économie circulaire

La blockchain est utilisée de plus en plus dans l’économie circulaire : le recyclage des déchets en BTP ou des boues de stations d’épuration transformées en fertilisants agricoles en sont deux exemples parmi un nombre croissant. Les matières premières secondaires (c’est-à-dire des matières premières fabriquées à partir de déchets) doivent répondre à un certain nombre de critères avant d’être réutilisées (surtout dans le cas de matières organiques), et pour cette raison la transparence et la rapidité de la blockchain sont souvent sollicitées pour ce type de projet. La possibilité de tracer toute la filière, offerte par la technologie blockchain, est un vrai avantage dans de tels cas.

 

Conclusion :

La traçabilité Blockchain est désormais une technologie indispensable pour regagner la confiance des consommateurs et améliorer sa chaîne d’approvisionnement et de production. Quel que soit le domaine, la traçabilité devient une condition de fidélisation et aussi de captation de jeunes clients. En cela, la Blockchain représente l’avenir d’une consommation raisonnée et éthique. Pour les entreprises, c’est aussi un gage de transparence et de sécurité, face à leurs clients mais aussi vis-à-vis de leurs partenaires et investisseurs.

 

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