Décarbonation : la neutralité carbone, encore un mirage ?

La décarbonation est LE sujet du moment. Difficile de passer à côté tant les grandes entreprises et les pouvoirs publics communiquent dessus. La publication du dernier rapport du GIEC, fin février, ne laisse pas de place au doute : nous avons 3 ans pour plafonner l’ensemble des émissions de GES (gaz à effet de serre) du monde pour éviter un avenir irréversiblement invivable. Cette nouvelle catastrophique a accéléré l’intérêt et la demande pour la décarbonation, mais quelle définition peut-on lui donner ? Comment est-elle mise en place concrètement par les entreprises ?

 

Décarbonation : qu’est-ce que c’est ?

La décarbonation (ou décarbonisation) constitue l’ensemble des techniques pour limiter l’empreinte carbone, en substituant par exemple une source d’énergie propre – solaire, éolien, géothermie, biomasse par exemple) – aux hydrocarbures, afin d’atteindre la « neutralité carbone ».

Selon l’article 1 du texte de la loi énergie-climat de 2019, « la neutralité carbone est entendue comme un équilibre, sur le territoire national, entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre, tel que mentionné à l’article 4 de l’accord de Paris ratifié le 5 octobre 2016 ».

Les enjeux de décarbonation sont multiples pour les industriels. Selon l’Agence de la Transition écologique (ADEME), ceux qui s’organisent dès aujourd’hui en optant pour des investissements et des procédés favorisant l’efficacité énergétique et plus largement la décarbonation seront ceux qui :

  • préserveront le mieux leur compétitivité, et notamment l’impact des émissions de CO2 sur le prix de leurs produits ;
  • éviteront l’obsolescence environnementale de leurs outils de production ;
  • gagneront la confiance de nouveaux clients avec des preuves concrètes de leurs actions en faveur de la réduction des émissions de CO2. 

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Décarbonation : que proposent les politiques publiques ?

Des politiques incitatives sont mises en place par différents pays. En France, le plan France 2030 dédie 5,6 milliards d’euros à la décarbonation de l’industrie de l’agro-alimentaire. L’objectif sous-jacent est de respecter l’engagement de neutralité carbone en 2050 inscrit dans la loi énergie-climat du 9 novembre 2019 (y compris une réduction de 40% de consommation d’énergies fossiles (par rapport à 2012) d’ici 2030), et de diminuer les émissions industrielles de 26 Mt/an d’ici 2030 (environ 34 % de moins en comparaison avec la production actuelle de 75 Mt/an).

A l’échelle européenne, la Commission européenne a lancé son Pacte vert pour l’Europe en 2019 et l’a complété par 12 nouvelles mesures contraignantes visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici à 2030. Dans l’industrie agro-alimentaire allemande, le gouvernement a mis en place des initiatives publiques centrées sur les énergies propres et l’efficacité énergétique. Un coup de pouce est donné aux start-ups qui développent des produits innovants pour aider les industries à réduire leurs émissions et atteindre leurs objectifs de décarbonation. Cependant la route est encore longue : entre les contraintes réglementaires et les besoins financiers liés au coût des infrastructures, les start-ups européennes peinent à avancer et à améliorer leur compétitivité face aux marchés internationaux.  

Décarbonation : attention aux effets d’annonce et au soupçon de greenwashing !

 

Certaines entreprises ont fait les frais de mauvaises publicités et ont été accusées de pratiquer du greenwashing. Beaucoup justifient leur décarbonation en se targuant d’investir dans des programmes de reforestation ou en rachetant des crédits carbone pour contrebalancer leurs émissions. Pour l’ADEME, il s’agit surtout d’une approche purement arithmétique qui vient nuire au concept même de la neutralité carbone et desservir ceux qui s’engagent réellement dans la démarche écologique.

L’agence s’est d’ailleurs prononcée sur le sujet en publiant son guide Anti Greenwashing à destination des communicants. Cela fait écho à la promulgation de la loi 2021-1104 sur la lutte contre le dérèglement climatique qui vient encadrer et sanctionner le greenwashing. Désormais, la communication des entreprises sur la décarbonation doit être axée sur la recherche de crédibilité et avancer des preuves de :

  • Réduction drastique d’émissions directes et indirectes
  • Participation à la décarbonisation grâce à des produits bas carbone
  • Contribution à la transition par des projets de compensation chez des tiers (authentifiés au préalable).

 

Décarbonation : quels leviers pour décarboner ?

La décarbonation prend plusieurs formes : les entreprises doivent réduire leurs émissions de carbone et autres GES, et elles peuvent les compenser en achetant des crédits carbone ou en finançant des projets de reforestation par exemple.

Dans le cas des réductions d’émissions, une entreprise peut :

  • Axer sa démarche sur le développement de la sobriété énergétique en diminuant sa consommation d’énergie (chauffage, gaz, etc.) ;
  • Miser sur les énergies renouvelables. Par exemple, les gaz verts ou l’hydrogène dont la production est issue des déchets organiques, se substitueront au gaz naturel à terme ;
  • Assurer la sécurisation des puits de carbone et développer des technologies de capture et de stockage du carbone.

Pour réduire les émissions de l’industrie agro-alimentaire, qui représentent 17 % des rejets totaux en France actuellement, le Gouvernement a lancé plusieurs labels Bas Carbone dont celle des Grandes Cultures. L’Etat certifie les projets de réduction carbone et les valorise économiquement. Particuliers ou entreprises peuvent financer un projet bas carbone et ainsi participer à l’effort de réduction des émissions.

Chez Crystalchain, nous nous sommes engagés à publier notre bilan carbone dans le cadre du Climate Act et à réduire nos émissions directes mais surtout indirectes en changeant notre protocole blockchain. Résultat ? Entre 2020 et 2021, nous avons divisé par 7 400 les émissions de carbone par transaction enregistrée sur la blockchain publique, et au global nos émissions de CO2eq ont été réduites de 10% entre 2020 et 2021.

L’autre méthode de décarbonation est celle qui consiste à compenser financièrement les émissions de carbone. L’achat de crédits carbone peut porter sur des projets forestiers par exemple (privés ou gérés par l’Etat comme le Label Bas Carbone). La plantation d’arbres favorise la séquestration et le stockage du carbone. Encore faut-il que la gestion des forêts soit faite intelligemment. En effet, les reforestations sont souvent réalisées dans des pays en voie de développement où le mix énergétique est plus polluant et où les infrastructures sont moins performantes. La compensation par le reboisement apparaît donc comme une solution plus court-termiste, en attendant de trouver des solutions véritablement innovantes.

 

Décarbonation : et après ?

L’objectif doit être non seulement d’être neutre en CO2 d’ici 2050, mais aussi d’être négatif en CO2 d’ici 2060. La formulation de cet objectif permettra d’encourager des projets pilotes à grande échelle visant à éliminer le CO2 de l’atmosphère et ainsi d’assurer la viabilité de notre planète pour notre postérité. Dans ce cas de figure, une entreprise élimine ou capture plus de carbone de l’atmosphère qu’elle n’en émet. Dans les exemples de positivité climatique, on trouvera le cas des immeubles carbonnegative. Le principe ? Une combinaison de dalles et de poutres en bois lamellé croisé qui retiennent suffisamment le carbone pour compenser les émissions générées au moment de la construction et jusqu’à 60 ans. Des exemples inspirants pour toute l’industrie, de l’agro-alimentaire au textile. Dans tous les cas, en matière de RSE, il convient de s’éloigner des discours creux et d’apporter des preuves de ses engagements.

La plateforme de traçabilité Crystalchain propose plusieurs fonctionnalités en matière de décarbonation, sans pour autant se limiter aux émissions : les données collectées tout au long de la chaîne de valeur permettent d’analyser le cycle de vie des produits (et ainsi agir sur les leviers les plus importants pour avoir un impact plus rapide) ; des alertes automatiques permettent de mieux comprendre où se trouvent les points d’amélioration pour les « quick wins » ; les tableaux de bord permettent de voir d’un clin d’œil les niveaux d’utilisation des ressources naturelles (par exemple, l’eau), les effets de la production sur la biodiversité, etc. L’outil permet également de partager auprès des consommateurs les mesures de décarbonation, les labellisations bio, ‘sans pesticides’, HVE ou autres mises en place par votre entreprise. Interview, vidéo, articles… Tous les contenus valorisant votre démarche apparaîtront au consommateur en flashant un QR Code apposé sur l’étiquette de votre produit.

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